Et si 240 000 ans après, les animaux de la vallée de la Scarpe reprenaient vie sous les mains des collégiens du département ? À Vitry-en-Artois, les élèves de troisième Segpa spécialité menuiserie, du collège Pablo Neruda mettent leur savoir-faire de menuisiers au service d’un projet aussi pédagogique que patrimonial : donner forme aux animaux qui peuplaient autrefois le territoire de Biache-Saint-Vaast.
Du collège à la Maison de l’archéologie
Depuis avril 2026, un projet un peu particulier prend forme au collège Pablo Neruda de Vitry-en-Artois. En lien avec l’équipe de médiateurs de la Direction de l’archéologie, les collégiens appentis menuisiers participent à la réalisation de plusieurs silhouettes animales qui trouveront leur place dans l’univers de l’exposition « SENSationnel Néandertal ! Il y a 240 000 ans à Biache-Saint-Vaast » actuellement en cours de montage. Un projet qui prend tout son sens dans ce territoire où les deux communes de Vitry-en-Artois et Biache-Saint-Vaast sont voisines. À travers cette réalisation, les élèves découvrent ainsi un patrimoine archéologique qui se trouve à quelques kilomètres seulement de leur établissement et contribuent, à leur manière, à le faire connaître.
L’exposition proposera justement de remonter le temps dans la vallée de la Scarpe, à la découverte de l’environnement dans lequel évoluaient les Néandertaliens, mais également de la faune qui les entourait.
A la rencontre du savoir-faire et de la transmission
L’aventure a débuté au printemps dernier avec le découpage de silhouettes animales à taille réelle, basé sur l’étude scientifique réalisée d’après les ossements découverts à Biache-Saint-Vaast. Pour cette nouvelle rentrée scolaire 2026-2027, les troisième Segpa de cette année ont pris le relais de leurs prédécesseurs pour poursuivre le travail : ponçage, préparation, lasure et enfin mise en peinture aux teintes choisies en harmonie avec l’univers de la future scénographie. Il leur a aussi fallu répondre à un cahier des charges précis : durabilité, résistance aux intempéries et sécurisation.
Un travail minutieux qui a demandé patience et précision mais surtout beaucoup d’implication. Au fil des étapes, les formes ont pris vie et ont permis aux élèves de voir concrètement le résultat de leur travail.
Le 25 septembre, ils ont quitté l’atelier du collège pour poursuivre leur réalisation à la Maison de l’archéologie. Dès le matin et durant une grande partie de la journée, accompagnés de leur professeur Guillaume Vanesse et sous l’œil de Maxime Clerbout, le directeur adjoint chargé de la Segpa, ils se sont attelés à la mise en place des premières silhouettes. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils n’ont pas ménagé leurs efforts !
Désormais, un rhinocéros et un sanglier ont pris place devant la Maison de l’archéologie et le 8 octobre prochain, c’est la silhouette d’un aurochs que les élèves viendront installer.
Un projet pédagogique qui fait sens
Au-delà de la fabrication de ces silhouettes animales, ce projet permet surtout aux élèves de prendre part à une véritable réalisation collective, à la croisée de l’artisanat, de la culture et du patrimoine.
Réfléchir à la conception et concevoir un objet, le fabriquer, le préparer, le peindre, puis le voir prendre place dans un lieu culturel. Chaque étape leur aura permis de mesurer concrètement la portée de leur travail et de devenir, le temps d’un projet, acteurs d’une réalisation qui dépasse le cadre de leur établissement.
Cette démarche rejoint pleinement l’esprit pédagogique et culturel porté par le Département et qui anime la Direction de l’archéologie, qui accompagne les établissements dans la construction de projets adaptés aux différents publics scolaires. Ce projet bénéficie également du soutien de la Direction de l’éducation et des collèges qui a contribué à sa mise en œuvre.
Faire vivre le patrimoine et le découvrir autrement
Pour les élèves, l’histoire ne s’arrêtera pas une fois les silhouettes installées. À partir du mois de janvier, la visite des coulisses de la Maison de l’archéologie leur permettra de découvrir ses missions et ses multiples métiers. La visite de l’exposition et un atelier pédagogique leur seront aussi proposés.
Une manière de prolonger l’expérience, de se sentir impliqués dans une exposition à laquelle ils ont eux-mêmes contribué et d’approcher pour la première fois des vestiges archéologiques d’une valeur scientifique inestimable découverts sur leur territoire.
C’est aussi tout l’intérêt de ce projet : rendre vivant notre patrimoine. Et devant la Maison de l’archéologie, un joli bestiaire en bois façonné par de jeunes habitants du Pas-de-Calais est désormais là pour en témoigner. Une belle manière de poursuivre l’aventure avant d’autres rendez-vous à venir autour de la future exposition qui ouvrira ses portes dès le 14 novembre 2026 prochain !
Retour en images sur quelques étapes de cette installation !
1. Les silhouettes animales ont été transportées avec beaucoup de précautions dans un camion adapté à leurs dimensions hors normes
2. Afin de sécuriser l’installation, de profondes fondations ont été creusées
3. Les élèves ont fabriqué du béton pour fixer les animaux en bois dans le sol
4. La coopération est nécessaire pour installer des animaux d’une telle envergure !